Dia: 13 de Setembro, 2016

«Que cache la réforme de l’orthographe ?» [“Le Figaro” (France)]

Mais uma notícia sobre a “reforma ortográfica” do Francês em que de novo ficamos estarrecidos com a incrível semelhança entre a gaulesa fantochada e a malaquenha imbecilidade: as mesmas golpadas de vaidosos patológicos, os mesmos golpes de Estado (e de estado), os mesmíssimos absurdos para justificar o injustificável, para enganar tolos com bolos, para insultar, em suma, a inteligência das pessoas normais.

Lá como cá alguns julgam que os demais são feitos da mesma massa esponjosa que enche seus crânios de alforreca.

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Que cache la réforme de l’orthographe ?

Par Alice Develey
Mis à jour le 30/08/2016 à 15:11
INTERVIEW – L’orthographe est en proie à de grands changements : disparition partielle de l’accent circonflexe, simplification graphique de 2400 mots… Pourquoi de telles modifications ? A-t-on raison de parler de nivellement par le bas ? L’écrivain et professeur de lettres classiques Julien Soulié répond au Figaro.

La réforme de l’orthographe prendra effet dans quelques jours. Le 1er septembre exactement. Tous les manuels scolaires sont concernés. Y compris leurs «apprenants».

Comme des milliers d’étudiants qui s’apprêtent à faire leur rentrée des classes, des millions de francophones vont voir leur quotidien changer avec l’apparition de 2400 nouveaux mots. Du moins 2400 simplifications. Parmi les principaux points, la réforme ne rendra plus obligatoire l’accent circonflexe sur le «u» et le «i», elle excusera le «f» de «nénufar» et permettra la suppression du trait d’union. Adieu donc les «extra-terrestres», les «porte-clés» et les «pique-niques».

Jugée irrecevable pour les puristes et les amoureux de la langue française, la nouvelle réforme de l’orthographe n’en reste pas moins adoptée. Que faut-il penser de cette simplification? Que cache-t-elle vraiment? A-t-on raison de s’en inquiéter? Julien Soulié, professeur de lettres classiques et auteur de La nouvelle orthographe, Les 2400 mots qui changent, analyse ce bouleversement linguistique.

LE FIGARO – Pourquoi cette réforme de l’orthographe intervient-elle maintenant, en 2016?

Julien Soulié – En réalité, cette réforme n’est pas nouvelle. Elle date d’il y a 25 ans. On l’a simplement ressortie des cartons. Alors pourquoi maintenant? On se demande bien pourquoi. D’autant plus qu’il y a des mots dont on propose la modification, qui ont déjà vu leur orthographe changer par l’usage, ou qui sont totalement obsolètes. Le mot «tagliatelle» par exemple s’écrit depuis des années avec un «g» et les réformateurs proposent de lui en enlever un…

En fait, je pense que cette réforme coïncide avec celle du collège, introduite par la ministre de l’éducation Mme. Vallaud-Belkacem. C’est une concomitance qui me paraît quelque peu hasardeuse… Je me demande si celle-ci n’aurait pas été pilotée par le ministère de l’éducation nationale. Est-ce qu’elle ne servirait pas à faire diversion, pour ne avoir à parler d’autre chose?

Qu’en pensent les élèves?

J’en avais parlé avec mes troisièmes en cours de latin. Je leur avais expliqué que certains mots allaient changer, dont «oignon» qui s’écrirait désormais sans son «i». Je peux vous assurer que s’ils ne sont pas forcément tous très bons en orthographe, tous se sont récriés. Et vous ne pouvez pas imaginer avec quelle violence et quelle passion! Je m’attendais à de l’indifférence ou au contraire à une acceptation plutôt franche, mais ce ne fut pas du tout pas le cas.

Pourquoi cette réaction selon vous?

Vous savez, on les ennuie tellement avec l’orthographe que lorsqu’ils l’ont acquise et qu’on leur dit finalement «non, il va falloir en changer», c’est un peu rayer d’un trait de plume tout ce pourquoi ils ont sué et fait des efforts. Vous annihilez des années de travail… Mais je suis réaliste, je pense que cette réforme cache aussi la déshérence de l’orthographe et de la grammaire chez les jeunes. En effet, j’ai lu dans une étude que les élèves de cinquième avaient aujourd’hui, en 2016, le même niveau scolaire que des élèves de CM2 dans les années 1980.

Il s’agirait donc d’un nivellement par le bas avec cette réforme?

Plutôt que d’essayer de faire progresser les élèves en orthographe, on change l’orthographe. On a effacé le problème au lieu de le prendre à bras-le-corps. C’est comme si pour l’histoire de France, on disait: «Comme il est trop difficile de retenir des dates, on va les supprimer». Ça n’a pas de sens.

En fait si l’on est contre la réforme, on considère que ce changement c’est déjà trop de changement. On a changé des mots qui n’avaient pas forcément besoin de l’être. En revanche, si l’on est pour la réforme on peut considérer que les réformateurs n’en ont pas fait assez. Ils ont modifié a minima, en introduisant parfois des anomalies. Par exemple, «porteclés», «portemonnaie» seront soudés, mais d’autres composants avec le mot «porte» resteront avec leur trait d’union. Sous couvert de simplifier, les réformateurs rendent en réalité l’orthographe encore plus compliquée. On en arrive à des constructions absurdes…

N’aurait-on pas finalement voulu adapter notre orthographe à toutes celles et ceux qui ne la maîtrisent pas?

Cette simplification pourrait en effet aider les francophones ou du moins les étrangers à apprendre le français. Mais il ne faut pas être dupe, toute langue a ses difficultés. L’anglais a une prononciation extrêmement difficile par exemple. Il y a plusieurs graphies pour un seul son et plusieurs sons pour une seule graphie. Mais les anglais n’ont pas réformé leur langue pour nous. Ni même les allemands. Ils n’ont pas supprimé leurs déclinaisons sous prétexte que c’était difficile à apprendre pour les étrangers.

Est-ce que cette réforme apportera un véritable changement?

Je ne pense pas que le changement puisse se faire en légiférant et que le pouvoir politique doive d’ailleurs avoir une influence sur la langue. La modification de la langue se fait naturellement, dans l’usage de tous les jours, dans la communication, par les écrivains, l’Académie… Lorsque l’usage a entériné une certaine forme, il est difficile de revenir en arrière.

Que symbolise cette volonté de toucher à la langue française?

La langue est notre plus grand dénominateur commun. C’est important de se retrouver là-dessus. C’est une valeur refuge. On est dans une société qui est un peu perdue, qui cherche ses repères et la langue française fait partie de notre identité. L’orthographe est aussi un code social. Bien écrire à quelqu’un, c’est le respecter et faire acte de bonne manière. En fait, l’orthographe dit beaucoup de choses de notre société, de notre culture…

Est-ce une façon de préparer les Français à de plus amples modifications à l’avenir?

Il y a un petit côté «cheval de Troie» avec cette réforme. C’est la partie émergée de l’iceberg. Je sais qu’il y aura à l’avenir des changements au niveau de la grammaire et plus particulièrement du participe passé. La règle du participe passé avec le COD placé devant, est une règle qui dans environ cinquante ans aura disparu. Et je suis optimiste! Mais ce qui peut-être intéressant dans ce débat, c’est de se demander: «Est-ce que l’on doit complètement laisser faire l’usage ou est-ce que l’on doit résister?» C’est là, toute la question.

Source: Que cache la réforme de l’orthographe ?

Destaques meus.

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